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  Date de création : 13.07.2018
Dernière mise à jour : 27.04.2021

Les articles publiés sur le site ou le blog ont tous été rédigés dans le respect des personnes mentionnées. Si par hasard, vous vous sentiez offensés, ce serait totalement involontaire de ma part ; aussi je vous demanderai de ne pas hésiter à me contacter.

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Généalogie d'une famille ordinaire   

La psychogénéalogie, une mode ? Pas tout à fait...

Un intérêt s’est développé sur nos origines familiales :   
• redonner vie à nos ancêtres « invisibles »,   
• découvrir des modes de vie très différents des nôtres,   
• avoir une activité familiale et de loisirs,   
• la psychogénéalogie, qui utilise les bases de la recherche généalogique.

Divertissante, la généalogie est devenue une discipline utile à la construction de soi.

Génogramme ou Génososiogramme

Le génogramme est un arbre généalogique sur 3 générations comportant certains faits de vie qui mettent en évidence les liens entre enfants, parents et grands-parents.Le génosociogramme englobe cinq à sept générations, où sont inscrits    • les dates (mariages, naissances, décès, déracinements…),    • les faits importants de l’histoire de vie de la famille (niveau d’études, professions, séparations, remariages, maladies et accidents, déménagements, traumatismes, incendies, catastrophes, décès prématurés…)    • les liens affectifs entre les personnes.
Le génosociogramme pointe les traumatismes vécus par une personne et permet de travailler sur ces traumatismes mais il doit être utilisé avec prudence.

Génogramme ou Génososiogramme

Le génogramme est un arbre généalogique sur 3 générations comportant certains faits de vie qui mettent en évidence les liens entre enfants, parents et grands-parents.
Le génosociogramme englobe cinq à sept générations, où sont inscrits   
• les dates (mariages, naissances, décès, déracinements…),   
• les faits importants de l’histoire de vie de la famille (niveau d’études, professions, séparations, remariages, maladies et accidents, déménagements, traumatismes, incendies, catastrophes, décès prématurés…)   
• les liens affectifs entre les personnes.
Le génosociogramme pointe les traumatismes vécus par une personne et permet de travailler sur ces traumatismes mais il doit être utilisé avec prudence.

Si ce travail d’investigation peut être réalisé par n’importe quel généalogiste en herbe, il vous faudra les compétences d’un professionnel pour en faire une interprétation exacte.
________________
* le syndrome anniversaire est la manifestation de non-dits ou de secrets de famille sur plusieurs générations
** Claude Nachin est un psychiatre et psychanalyste français né en 1930 (Wikipedia)

LES SECRETS DE FAMILLE

De manière générale, les secrets de famille sont liés à des problèmes de transmission. Nous ne ferons pas l’apologie de la transparence (S. TISSERON) car il est indispensable que chacun garde son « jardin secret ».
Notre famille nous a transmis un héritage « conscient » et « inconscient » comprenant des missions, des loyautés familiales, culturelles, religieuses, nationales….
Que nous le voulions ou non, nous sommes imprégnés de cet héritage et il nous faudra « des clefs » pour en décoder les langages ; c’est la raison pour laquelle nous devrons ultérieurement entreprendre un travail de reconstruction en psychologie transgénérationnelle pour mieux comprendre et analyser des cauchemars, des angoisses, des accidents, des actes manqués….Ou bien accepter de vivre avec son mal-être….

Toutes ces interactions conduisent à l’arbre de vie (ou génosociogramme) et font ce que nous sommes, avec tous les évènements de vie marquants :     
• les transmissions individuelles   
• les traumatismes du milieu familial, social, politique, religieux, historique : honneur, argent, héritage, guerres, transferts de population, viols, incendies, enfants abandonnés, IVG….

On peut distinguer deux formes de transmissions :   
• la transmission intergénérationnelle, avec des faits de vie clairement énoncés   
• la transmission transgénérationnelle, avec un « héritage » invisible , comme celui du traumatisme de guerre ou les secrets de famille.

Voici quelques exemples de témoignages ou de secrets élucidés :
   
• « Durant toute mon enfance, j’ai eu des crises d’angoisse terrible, se souvient une jeune femme, 35 ans. J’avais peur d’être enterrée vivante. Or, récemment, j’ai appris que cela était arrivé à mon arrière-grand-père pendant la guerre de 14-18. Cette mort atroce avait été cachée : « il avait succombé en héros sous les balles ennemies », racontait la légende familiale »,   
• Une autre raconte qu’elle a dû attendre l’âge de 30 ans pour apprendre que, lorsqu’elle en avait 4, elle avait été confiée quelques mois à sa tante. « Ma mère, malade, avait été hospitalisée. Puis, elle avait eu honte de révéler qu’elle avait failli à sa “mission” de mère parfaite en “m’abandonnant” à sa sœur »,   

• Un cas rare, relevé par la thérapeute Anne ANCELIN SCHUTZENBERGER : « L’un de ses patients était dépressif : son jeune frère, Luc, venait de mourir d’une overdose ; en établissant un arbre généalogique, ils constatent que 14 de ses cousins s’appellent Luc, Lucien, Lucie, Lucienne… dont 9 sont morts jeunes par accident ! Ils découvrent aussi qu’un siècle plus tôt son ancêtre Lucien avait été adopté ainsi qu’une petite fille, Maria. Mais la famille, trop pauvre, avait dû se séparer d’elle. Plus tard, Lucien a retrouvé Maria et l’a épousée. Pourquoi tous ces décès ? C’est comme si la famille avait voulu se "punir" inconsciemment de cet "inceste", non pas réel mais généalogique, » affirme Anne ANCELIN SCHUTZENBERGER à l’origine de la théorie du "syndrome d’anniversaire" (*) expliquant ce genre de répétitions,

    • Le psychanalyste Serge TISSERON témoigne qu’une jeune femme « interrompait constamment la tétée de son bébé. Dès qu’il commençait à boire son biberon, elle lui retirait la tétine de la bouche en disant : “Arrête, tu vas t’étouffer !” Après un moment de surprise, le bébé pleurait. La mère lui rendait alors le biberon, puis le lui retirait à nouveau précipitamment, en répétant : “Tu vas t’étouffer !”. Il en était ainsi à chaque tétée." Dans les faits, le grand-père maternel de Virginie était mort étouffé et ce drame avait été tenu secret. Mais sa propre mère l’avait commémoré, à son insu, en venant vérifier chaque nuit, quand Virginie était enfant, si elle ne s’étouffait pas avec ses couvertures. D’où les angoisses que celle-ci projetait, adulte, sur son bébé et qui se  traduisaient par sa façon de le nourrir.
Cependant, en procédant ainsi, elle ancrait en lui une crainte, non de l’étouffement, mais du manque (crainte qu’il léguera sans doute à sa descendance sous la forme de la peur de manquer d’amour, d’argent, de nourriture…) ».     

• Une jeune femme désignée comme « jolie et bien mariée » mais frigide et obsédée par la crainte que sa petite fille prenne froid, consulte le psychanalyste Claude NACHIN (**). Le grand-père de cette femme « en froid avec le froid » était mort noyé dans l’eau glacée lors d’un voyage avec sa maîtresse. Cette tragédie ne lui avait pas été cachée. Mais elle n’avait pu prendre la mesure de la douleur qui avait affectée sa grand-mère, ses tantes et sa mère : elles-mêmes la niaient, feignant… la froideur. « L’amour conduit à la mort », voilà tout ce qu’elle avait pu entendre du drame. Sa frigidité et sa phobie du froid étaient une manière pour elle de « s’arranger » de cette idée.     

• on dissimule la double vie de papa, l’homosexualité de tonton…     

• des parents n’acceptant pas leur stérilité tairont à leur enfant qu’il est né par insémination artificielle, ou qu’il a été adopté, 
 
• on ne racontera pas que le petit dernier est né d’une aventure illégitime,   

• on cachera l’existence de tante Adèle qui s’est déroulée entre les murs d’un hôpital psychiatrique…..

Avec le temps et l’évolution des mentalités, le contenu des secrets de famille a changé :   

• les « filles-mères » d’autrefois que l’on montrait du doigt deviennent d’honorables « mères célibataires » qui ont courageusement décidé d’élever seules un enfant,   

• au hit-parade « des secrets », ce n’est plus la syphilis qui l’emporte, mais le sida, considérés toutes les deux comme des maladies « honteuses »...

Et au sein d’une même fratrie, un même secret n’a pas de portée identique, c’est à dire, ni le même discours, ni le même silence ; Serge TISSERON dit que :« Chacun construit son psychisme, ses repères personnels, en interrelation avec ses divers proches ».

Le secret est contagieux et traverse les générations.
Les première, seconde et troisième générations ne laisseront pas le secret transpirer de la même manière :   
• La première, porteuse du secret, est partagée entre l’envie de se taire et le besoin de dire,   
• A la seconde génération, le contenu du secret est ignoré : la "chose" devient innommable. Mais l’enfant pressent le mystère et se coupe psychiquement en deux ; tandis qu’une part de lui a l’intuition de la dissimulation, l’autre essaie de se persuader du contraire ; il devient impensable que les parents aient pu mentir, ou tromper... 
  • A la troisième génération, le secret est devenu « toxique » : d’innommable, il devient impensable.

L’individu est alors la proie d’émotions (dépression récurrente, angoisses rebelles, pensées suicidaires…), d’images obsédantes, de désirs qui lui semblent totalement étrangers… Peuvent survenir des problèmes plus graves (délinquance, toxicomanie...). 

Tous les secrets de famille n’ont pas le même impact mais il faudra toujours briser la loi du silence. A cela, tous les thérapeutes s’accordent sur un point : la révélation du secret ne permet pas d’en guérir. Du moins, n’est-elle pas suffisante. Si certains réussissent à s’en sortir par la création artistique ou l’écriture, d’autres auront besoin d’emprunter la voie thérapeutique : thérapie familiale, psychanalyse, psychothérapie.
Claude NACHIN explique que ces voies thérapeutiques « consisteront à aider la personne à reconnaître les symptômes, les attitudes qu’elle s’est fabriquée pour d’autres dont elle a pris en charge les secrets honteux (…) Elle doit réaliser qu’en tant qu’adulte elle n’a plus à gérer les malheurs passés de sa famille. Et qu’il est temps pour elle d’utiliser ses ressources intérieures pour sa propre vie (…) Et ainsi reprendre en main son destin ».

Nous avons tous des fantômes dans notre histoire ; bien sûr il est inutile de vouloir les tuer, il faut simplement essayer – et se faire aider si besoin ! - de les humaniser, leur redonner du sens et surtout les replacer dans leur contexte.
Le problème n’est pas le traumatisme que nous subissons, mais la manière dont nous le transformons ; le non-dit rend impossible le travail de reconstruction.

« Les secrets de famille consistent donc en événements gardés cachés sur plusieurs générations (…) En outre, dans leur grande majorité, les secrets ne sont pas organisés autour d'événements coupables ou honteux comme on le croit souvent. Les fameuses « fautes de nos ancêtres » ne sont qu'une source très minime de secrets de famille. La plupart d'entre eux sont en fait organisés autour de traumatismes vécus par une génération et incomplètement symbolisés par elle. Il peut s'agir de traumatismes privés, comme un deuil, mais aussi collectifs comme une guerre ou une catastrophe naturelle ». (Cercle Psy – Mai 2002)

Psychogénéalogie